Alyxia stellata


Livre d'Or Océanie

N'hésitez pas à nous laisser un petit mot ! Merci

23-Sep-2011 21:48

Nous sommes un couple mixte, France-île de Pâques, et nous repartons vivre et élever notre fille sur cette île. De gros projets en perspective sur l'autosuffisance de cette île où les avions déversent un flot quotidien de touristes.
Nous serons là le 16 Octobre prochain et espérons rencontrer des partenaires pour nos projets.
Merci à votre association d'organiser ces rencontres.
Céline

26-Mar-2014 22:42

je suis de tout coeur avec toi car tu fais un super travail... au plaisir de te lire... et bonne chance pour tes recherches !

Rachou19-Apr-2014 16:29

Bravo Nathalie pour tout ce que tu fais ! Bravo a Eléna aussi pour ses commentaires. j'en veux encore ! je vous suis pas à pas sur la carte et je suis impressionnée par votre parcours. les trajets d'ile en ile se font comment ? dans un coucou ? à la nage ? à dos de dauphin ? l'intendance n'a pas l'air de poser problème... ça dénote une organisation sans faille... trop forte, cette Nathalie.

| Vous êtes ici : accueil >Plantes et Continents > La Maile à Hawai'i > Des solutions

Des solutions

Préserver la Maile, c'est d’abord mieux comprendre son fonctionnement écologique et biologique et préserver son écosystème. C'est d'autre part se réapproprier les traditions qui entourent la plante de la graine au lei et qui encouragent à semer, planter, mieux récolter, éduquer pour enfin apprécier pleinement cette plante sacrée.

RESTAURER ET PRESERVER LA FORET HAWAIENNE

Arrêter le déclin de la Maile, c'est préserver son écosystème, la forêt indigène. Différentes pistes d'actions sont explorées par les associations et les écologistes locaux.

La première, c’est l’arrachage des espèces végétales invasives. Cette action est envisageable uniquement dans les zones qui ont gardé au moins 75% d’espèces indigènes, sinon le dommage est déjà trop grand.
Les associations ou les parcs nationaux qui pratiquent cette lutte contre les espèces invasives repèrent les zones qui contiennent de préférence des espèces menacées et qui se prêtent à une régénération naturelle des espèces locales.

Les espèces invasives animales, notamment les populations d’ongulés, doivent être contrôlées soit par éradication, soit en plaçant des clôtures autour des zones les plus fragiles ou qui viennent d’être replantées afin de protéger les jeunes pousses.

La préservation de la forêt restante est indispensable, cela peut passer par la replantation d’arbres endémiques emblématiques comme le Koa et l’Ohia, ce qui a été la préoccupation pendant des années. Maintenant il est aussi admis qu’il faut y ajouter la reconstruction d’un couvert forestier constitué de mousses, de fougères, et bien sur de Maile. Ces espèces aident à conserver l’eau pour toutes les espèces présentes. Dans les programmes dits de "restauration bioculturelle", la Maile tient donc une place de choix.

SEMER

Un acte facile pour préserver la Maile a dû être pratiqué dans les temps anciens car des chants traditionnels y font référence, comme celui cités dans Les usages. Ua lu ka hua o ka Maile: "Répands les graines de la Maile".

En effet les graines peuvent s’accrocher des années sur la plante alors aider la Maile à disperser ses graines est important et d’autant plus crucial que les oiseaux qui remplissaient ce rôle ont disparu.

C’est une action facile à la portée de tous. Il suffit de trouver un fruit de Maile très foncé et charnu. Quand on le presse entre ses doigts, il s’écrase. Il suffit alors de prendre la graine, de nettoyer la pulpe qui l’entoure et la semer dans un endroit lumineux, sans herbe et sans autre Maile (puisque le but est de la répandre !).

Avant, les femmes semaient les graines de Maile dans des endroits accessibles, près des sentiers pour faciliter la récolte.
Cependant, pour assurer le succès du semis, il est toujours préférable de semer dans le même type d’environnement (altitude, type de forêt,…). A Hawai’i souvent les graines de Maile sont récoltées en haute altitude parce que les habitats ont moins subi de pressions et de dégradations, par contre les graines sont plantées à basse altitude puisque c’est là que les habitants vivent et souhaitent récolter et c’est souvent là que les programmes de restauration ont lieu. Or le taux de succès est bien moindre dans ce cas. Il est préférable de choisir de la Maile de basse altitude.

PLANTER

Semer est une action possible, planter en est une autre. Depuis quelques années, les plants de Maile sont de plus en plus demandés avec la tendance qui s’affirme de vouloir cultiver les plantes que l’on aime ou que l’on utilise.

Des projets de ferme de Maile sont en cours sur les îles de Kaua’i et la Grande île. Ces fermes expérimentent des techniques qui pourraient être utiles à tous ceux qui veulent en planter. Ils espèrent faire des récoltes ainsi que produire des plants.

Pour les projets de restauration ou pour les particuliers qui veulent planter de la Maile, une recherche a établi que plusieurs facteurs pouvaient contribuer au succès de l'opération :
- planter dans un endroit à l'ombre et bien drainé, car si la Maile aime l'eau, elle n'aime pas avoir ses racines dans l'eau stagnante.
- planter des jeunes plants ou des adultes, pas des plantules car le taux de mortalité trop fort. Pour déterminer la différence, l'âge n’est pas fiable il faut utiliser le diamètre basal.
- bien travailler le sol pour imiter un sol forestier. Dans les basses terres, à cause de l'agriculture intensive le sol manque souvent de matière organique. Il faut donc le revitaliser (avec des méthodes naturelles bien sûr !).
- de même que pour le semis, planter des espèces de Maile adaptées à l’environnement (altitude,…)

RECOLTER DANS LE RESPECT DE L’ENVIRONNEMENT

Que la récolte soit personnelle ou professionnelle, il est important de respecter certaines règles pour préserver la Maile.

Une étude est donc en cours pour déterminer quelle technique est la moins dommageable pour la plante. Certains pensent qu'il faut couper la tige qui sera ensuite écorcée, car la blessure infligée à la plante est plus petite et laisse moins de possibilités de s'introduire aux bactéries pathogènes qui pourraient tuer la plante. D'autres écorcent la tige sans la couper, arguant que la plante peut se refaire une écorce mais qu'au moins la partie centrale de la tige reste sur la plante le traumatisme étant moins grand. L'étude en cours, sur plusieurs années, vise à montrer quels sont les impacts de chaque technique en termes de développement de la plante, de production de fruits, de repousse, etc. L'étude montre déjà que quelle que soit la méthode choisie, la récolte épuise la plante et le diamètre des tiges qui repoussent est plus petit.

Certaines règles s'appliquent donc dans tous les cas : récolter la quantité juste selon son besoin, ne pas choisir de plant et de tige trop petits, ne pas prélever plus de deux tiges par plant, choisir de prélever à partir d'un plant mature qui a plus de ressources pour se régénérer.

Dans les fermes de Maile également des études sont en cours pour voir quel est le meilleur moment pour récolter, combien de récoltes par plant sont possibles,...

Dans les prochaines années, de nouvelles données devraient donc permettre de savoir comment mieux récolter pour mieux préserver la Maile.

KULEANA

Après la récolte (voir Les usages), traditionnellement une action est réalisée pour remercier la forêt du don de Maile. Plus largement, la tradition évoque le Kuleana. C’est un très beau concept évoquant à la fois le droit et la responsabilité. Une personne a le droit d’accéder à la forêt et de prélever des ressources mais a la responsabilité d’en prendre soin et d’établir une relation avec la forêt.

C’est souvent cette deuxième partie qui est oubliée de ne jours dans le monde, et ce concept hawaïen devrait être connu de tous. Les associations qui oeuvrent à restaurer la forêt tentent de rétablir le sens du Kuleana dans les communautés et un mot d’ordre est Malama aina, "prendre soin de la terre".
Pour la Maile, l’application du Kuleana peut donc être de semer, planter, nettoyer la zone de récolte des plantes invasives ou des déchets divers.





La Maile est une plante essentielle dans l’écosystème forestier hawaïen. De toutes les plantes significatives pour les Hawaïens, c’est aussi une de celles qui a le plus de chance d’être restaurée dans des zones accessibles à tous, où les habitants peuvent facilement y accéder et apprendre à l’apprécier. Par son côté sacré et sa notoriété pour la fabrication de lei c’est aussi l’un des meilleurs outils pour reconnecter les gens à la forêt et à leur sens des responsabilités !

Sources : Recherche de terrain et interviews en avril 2014 ; étude en cours de Namaka Whitehead ; étude en cours de Tamara Wong ; Ferme de Mahi’ai’Ihi à Wailea.


(c) 2008 - tous droits réservés Plante & Planète
Plante & Planète est une association loi 1901 reconnue d'Intérêt Général