Arnica montana


Livre d'Or Europe

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26-Apr-2017 11:55

Très intéressant. Cette plante et son exploitation me fait penser à la gentiane dont les racines servent à fabriquer la boisson du même nom ou Suze oul'Avèze également, essentiellement en Auvergne ...La racine adulte a 18 ans. J'ai vu des arrachages intensifs à l'aide de petites pelles mécaniques.Y a t il un programme de préservation de cette plante?
Alain alanpuech@orange.fr

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Ses usages

En France, nous connaissons l'Arnica surtout pour son action contre les ecchymoses. Mais cette plante, considérée par les spécialistes comme la vulnéraire par excellence, c'est-à-dire "celle qui guérit", a bien d'autres qualités !

Les scientifiques ont isolé dans ses pétales des dizaines de substances actives, dont des flavonoïdes et des lactones sesquiterpéniques. Celles-ci expliquent ses propriétés antalgiques, anti-inflammatoires, cicatrisantes et circulatoires.
Avant ces "preuves scientifiques" de son efficacité, que savait-on de l'Arnica de manière "empirique"? Et maintenant, comment est-elle récoltée puis préparée, et quels sont ses usages ? Enfin, quelle est l'explication énergétique de ses qualités ? L'or des montagnes a-t-il révélé tous ses secrets ?

Connue des Grecs de l'Antiquité (et probablement bien avant !), c'est au Moyen-Age que les écrits témoignant de ses usages se précisent. Dans la médecine populaire médiévale, l'Arnica paraît être utilisée pour les douleurs menstruelles et comme agent abortif. Ce sont les usages gynécologiques qui sont soulignés, il n’y a pas encore de preuve que la plante ait été utilisée pour soigner les blessures externes. L'Arnica n’était pas seulement employée comme plante médicinale mais aussi pour préparer des philtres d'amour. Dans beaucoup de régions, elle passait pour aphrodisiaque. "Quand un homme et une femme sont amoureux, si quelqu'un étale de l'Arnica sur la peau d'une de ces personnes, quand l'Arnica a séché ils deviennent éperdus d'amour, jusqu'à en perdre la raison." écrivait Hildegarde de Bingen au Moyen-Age. L'Arnica a une action sur les nerfs, peut-être cela a-t-il porté à confusion ?!

C'est au XVIIIe siècle que l'Arnica joue un rôle de premier rang, en tant que remède contre les blessures, et est le sujet de nombreuses thèses de médecine scientifique, discipline alors en plein essor. L'Arnica fait partie des plantes qui ont influencé de façon décisive Samuel Hahnemann, le fondateur de l'homéopathie, et son utilisation des remèdes à doses infinitésimales.
Au début du XIXe siècle, Goethe a également examiné avec attention l'Arnica montana et a reçu une prescription d'infusion d'Arnica contre son infarctus en 1823, ce qui aurait amélioré de façon notoire son état. Un de ses amis rapporte ces paroles : "Rajeuni par la convalescence, je chante les louanges de l'Arnica, et c'est elle-même qui se loue par ma voix, elle, la nature inépuisable qui enfante cette fleur et apporte la guérison ", ou encore "Je sentais que la vie et la mort commençaient à se combattre en moi, et voici que les cohortes de la vie, avec cette fleur sur leur bannière, ont remporté leur victoire."
Dès lors, la popularité de l'Arnica est grandissante, et aujourd'hui elle constitue un médicament de base de la pharmacie familiale, en usage interne ou externe.

Elle est récoltée de mi-juin (en basse altitude) à mi-juillet, les jours sans pluie. La fleur ou la plante entière servent aux préparations à base d'Arnica. En France, on estime le volume total des récoltes annuelles à une quinzaine de tonnes pour la plante entière, et 2 à 3 tonnes pour la fleur.

De nos jours,l'Arnica montana est utilisée principalement afin de soigner les ecchymoses (les "bleus"), en usage externe avec soit une compresse de teinture mère diluée dans de l'eau soit de la pommade ou du gel, et/ou en usage interne avec des médicaments homéopathiques en basse dilution, 9 CH par exemple.
(le CH est une mesure de dilution en homéopathie : plus il est élevé, plus la dilution est grande)

Pour préparer la teinture-mère, c'est souvent la plante entière ("e planta tota") qui est utilisée : elle arrive fraîche au laboratoire, pour être nettoyée et broyée finement avant d'être plongée dans un mélange hydro-alcoolique très précisément dosé. Puis ce mélange passe de 10 à 30 jours dans une cuve fermée, tout en étant agité régulièrement, avant d'être filtré. Le procédé est le même pour la teinture-mère de fleurs uniquement. La teinture-mère est vendue ainsi, ou incorporée à différents médicaments, en étant plus ou moins diluée.
Les montagnards préparent parfois leur propre teinture-mère en faisant macérer des fleurs d'Arnica fraîches et broyées entre les doigts dans de l'alcool local ! De même, en cas de besoin urgent, il est possible de faire infuser des fleurs fraîches ou séchées (une cuillère à café par tasse d'eau bouillante). Après filtrage, le liquide permettra de réaliser une compresse.


Ses propriétés antalgiques, anti-inflammatoires et circulatoires permettent aussi de l’utiliser sur des traumatismes sans plaie ouverte, que ce soit des fractures, des entorses ou de l'arthrose. Les usages externes (teinture-mère et pommade) et internes (homéopathie basse dilution) sont les mêmes. Les sportifs connaissent bien l'Arnica ! Les sportifs de haut niveau notamment, qui sont particulièrement vigilants sur les substances autorisées, ont depuis longtemps adopté l'Arnica sous toutes ses formes.

Quel que soit leur niveau, tous les sportifs peuvent utiliser l'Arnica au quotidien, en accompagnement de leur pratique. Une huile de massage à l'Arnica permet de compléter l'échauffement musculaire avant l'effort. Le geste de massage se composera de frictions rapides. Après l'effort, un massage en profondeur avec des gestes amples et lents permettra d'accélérer la récupération musculaire et de prévenir l'apparition de courbatures et de douleurs articulaires diverses.

Pour préparer l'huile de massage, seule la fleur est utilisée, parfois même juste les capitules pour les tous petits volumes, pour l'usage personnel par exemple. Les fleurs sont séchées pendant 2/3 jours à environ 40°C puis mises à macérer dans de l'huile d'olive ou de sésame. Les bocaux ainsi préparés vont passer entre deux et trois semaines au soleil, avant d'être filtrés.

Si vous êtes peu sportif, mais plus chanteur ou orateur, les bienfaits de l'Arnica vous permettront d'éviter la fatigue vocale, avec un gargarisme de teinture-mère diluée dans de l'eau (1/2 cuillère à café de teinture pour 1/2 verre d’eau), ou des granules en basse dilution.

En usage externe, toujours avec de la teinture-mère ou des pommades, l'Arnica est réputée efficace sur les piqûres d'insectes. Si la fleur est à proximité, la broyer sous les doigts pour libérer les substances actives et en frotter la piqûre. Apparemment cela fonctionne très bien !

En usage interne, l'Arnica est aussi donnée avant et après les interventions chirurgicales pour éviter les phénomènes hémorragiques et le choc opératoire, la douleur de l'intervention. Cela marche aussi pour les visites chez le dentiste, et les extractions dentaires : une dose en 9CH la veille de l'intervention, le jour-même, et après jusqu'à l'amélioration. De la même manière, l'Arnica a prouvé son efficacité lors des accouchements, en diminuant là encore hémorragies et douleurs. La recommandation : un mois avant la date prévue, prendre une dose par semaine en 9 CH, jusqu'à l'accouchement.
Voilà déjà ce que peut accomplir l'Arnica pour le corps physique !

Mais ses bienfaits ne sont pas limités à ce champ d'action. Elle soigne aussi les "bleus à l'âme"...
Il a été suggéré qu'en haute dilution (30 CH), l'Arnica avait une action remarquable sur les traumatismes de nature beaucoup plus subtile, comme les traumatismes psycho-affectifs, les chocs moraux (séparation, deuil,...)surtout s'il y a eu également un choc physique associé. Toujours en haute dilution, l'Arnica aide à soigner l'épuisement nerveux, la fatigue intellectuelle, le sentiment de ne plus pouvoir faire face.
Une autre recette traditionnelle consistait, en cas de stress, avant un examen ou une échéance importante, à manger un morceau de sucre sur lequel avaient été déposées quelques gouttes d'alcool d'Arnica. Cette recette conviendrait même aux enfants !

Voici donc la préconisation en auto-médication pour la pharmacie familiale : avoir toujours de la teinture d'Arnica ou un gel à l'Arnica, des granules en 9 CH pour les traumatismes physiques (doses ou tube), et, en haute dilution, des granules en 30 CH quand on a subi un choc moral ou affectif.

Une mise en garde toutefois est avancée par ses utilisateurs et prescripteurs : comme toutes les plantes médicinales puissantes, elle peut être toxique à haute dose. Son action curative ou toxique dépend dans une large mesure du dosage. Ainsi, une tisane d'Arnica peut donner du tonus occasionnellement, mais prise trop souvent elle peut être dommageable pour les nerfs, provoquer des nausées et des palpitations cardiaques. Pour ce qui est de l'usage interne, si vous n'avez pas une bonne connaissance de la plante, il est donc recommandé de se limiter à l'homéopathie et de se référer à un médecin spécialiste ! Pour l'homéopathie, un médecin homéopathe spécialisé pourra également affiner le diagnostic et vous permettre d'optimiser l'usage de l'Arnica.

Il est intéressant de comprendre, d'un point de vue énergétique, ce qui donne à l'Arnica un tel éventail de propriétés de guérison, à tous les niveaux.

L'Arnica est une plante solaire. Sa magnifique couleur jaune d'or évoque tout à fait l'astre brillant. De plus, elle pousse lors du solstice d'été, à la St-Jean (ce qui lui a valu parfois l'appellation "fleur de la St Jean", qu'elle partage avec le millepertuis).

Dans cette vision énergétique, elle amène de la lumière là où il y a de l'ombre. Par exemple, quand on se cogne se forme un bleu, une ombre. Donc il faut remettre de la lumière, ce que permet l'Arnica. Quand il y a eu un traumatisme psychique ou affectif, une perte ou une séparation, c'est pareil, l'âme reçoit une perturbation. Il s'agit alors de remettre une énergie de vie à cet endroit là, ce que fait l'Arnica en ramenant le soleil.

Pour les anthroposophes, qui ont une vision du monde à la fois physique et spirituelle, c'est une plante qui "ramène dans le droit chemin". En effet, elle est la lumière qui éclaire dans le noir, qui permet de trouver son chemin. Sur le plan magique, elle était autrefois utilisée pour protéger des maléfices et des mauvais sorts: le soleil repousse les ténèbres...
Paracelse, qui a révolutionné la médecine en son temps, liait les plantes aux astres, et reliait également chaque jour de la semaine aux astres. C'est pourquoi l'Arnica, plante solaire, est en lien avec le dimanche, le jour du soleil ("sunday"). Il est donc recommandé de prendre les médicaments en haute dilution à base d'Arnica spécialement le dimanche, pour multiplier leur effet.

Que l'on considère le point de vue scientifique ou énergétique, il est indéniable que l'Arnica offre aux hommes ses nombreuses propriétés médicinales, depuis longtemps reconnues. Plante solaire, plante lumière, elle est tout à fait complémentaire de la médecine classique lorsque celle-ci est nécessaire. Remède de base dans nos pharmacopées, il serait dommage que l'on fasse disparaître cette plante, nous privant nous-mêmes de ses fabuleuses propriétés !

(sources : enquête de terrain juin à septembre 2009 ; Arnica, de Christina Kiehs-Glos ; L’homme et les plantes médicinales, Wilhelm Pelikan)


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