KL, 31 mars 2009

Ma journée a été marquée par un rendez-vous avec Mr Roda, encore un Français, dont on me parlait depuis le premier jour de mon arrivée en Malaisie. Chercheur en économie sur le lien entre développement économique et exploitation des ressources forestières, sa connaissance du système forestier malaisien m’a donné quelques réponses à des questions que je me posais au fur et à mesure de mes entretiens.

Il était plutôt positif sur les problématiques de conservation d’espèces forestières endémiques. En effet, d’après lui, parmi tous les pays tropicaux dans le monde, deux pays protègent relativement bien leurs forêts, la Malaisie et le Costa Rica. Les parcs nationaux sont globalement bien gardés, ce qui est plutôt positif car le chengal est bien présent dans ces parcs où le braconnage est rare.

Par ailleurs, il m’a rappelé ce que j’avais entrevu plusieurs fois : les Malaisiens n’aiment pas vraiment la forêt, qui leur apparaît comme un lieu hostile et rempli de fantômes. D’ailleurs les parents n’aiment pas envoyer leurs enfants dans la forêt tant qu’ils sont trop petits pour lutter contre les forces maléfiques. Leur demander de la protéger est contre-nature pour eux. Les instances dirigeantes cherchent donc l’équilibre entre la pression internationale pour conserver les forêts, et les demandes des locaux, leurs électeurs, pour les remplacer par des terrains cultivables.

Nous avons eu une conversation très intéressante sur la société malaisienne. Finalement c’était bien que je rencontre Mr Roda vers la fin de mon séjour, car ses observations sont venues compléter, infirmer ou confirmer, mes ressentis. C’était aussi un entretien passionnant car il connaît la plupart des forêts tropicales de la planète. Chercheur détaché par le CIRAD, son avis et son recul par rapport à la situation locale m’ont permis de mettre mes observations en perspective.

Je me suis ensuite rendue à nouveau au parc de la Tour KL, "Bukit Nanas", pour revoir le petit chengal de 3 ans. Je l’accorde sans problème, un bébé arbre n’est pas aussi attendrissant qu’un bébé animal, mais il faisait beau et pour être honnête, je cherchais le spécimen adulte que je n’ai une fois de plus pas trouvé. Le garde forestier du parc m’a reconnue, et cette fois m’a dessiné une sorte de carte au trésor pour que la prochaine fois je le trouve. La pluie s’est remise à tomber, c’était donc une fois de plus partie remise. Vu qu’il me reste à peine cinq jours avant de partir, je vais revenir très vite !

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