District de Dungun, 27 mars 2009

Nous sommes partis à l’aube pour cette journée qui devait me permettre de voir le chengal dans la nature. Non pas dans un arboretum, mais vraiment dans une forêt où il s’est développé normalement. Toujours déçue par l’impossibilité d’approcher le gros arbre record, je voulais me consoler avec d’autres plus petits mais plus accessibles.
Nous avons pris la route pour Dungun, où nous devions interroger "Captain Mokh", ami d’ "Uncle Yip", pour avoir les instructions précises pour trouver les arbres le long du chemin que nous allions emprunter, le Cemerong trail.

Malheureusement, pour Sanjit, c’était un jour sans. Juste le jour où j’avais vraiment besoin de lui pour demander des instructions plus précises en malaisien, téléphoner à ses amis naturalistes pour trouver des infos, il n’avait visiblement aucune énergie pour le faire. Il n’arrêtait pas de me dire que si besoin il reviendrait, mais moi j’avais quand même envie de participer à l’aventure avant de repartir en France !
Nous avons donc commencé à marcher, mais là où nous aurions dû trouver un chengal, dès le début du chemin, rien du tout. Comme on était vendredi, tout était fermé, tout le monde était à la prière. Il y avait bien un bureau de gardes forestiers à l’entrée des sentiers de randonnée, mais quoique sympathiques ils n’étaient pas très coopératifs, ne parlaient pas franchement anglais, et moi pas trop malaisien…
J’ai fini par devoir insister auprès de Sanjit pour qu’il leur demande s’ils pouvaient nous accompagner pour reconnaître les chengals. Une petite vendeuse de boisson avait l’air de s’y connaître mieux que les deux gardes. J’ai demandé à Sanjit de lui proposer de nous accompagner, en échange d’un pourboire, mais il n’a pas voulu car cela aurait vexé les deux gardes avec leurs grosses rangers et leur machette à la ceinture, alors que la fillette portait juste des petites sandales de corde. Cela a décidé les gardes à nous accompagner, après tout c’est quand même leur métier.

Nous avons marché pendant presque quatre heures sans rien trouver. Pas un chengal. Il devait y en avoir un de plus de 200 ans, qui nécessite quatre personnes pour en faire le tour. Rien. Les gardes forestiers coupaient avec leur machette des bouts d’écorce pour reconnaître le chengal. Rien. L’un deux fumait cigarette sur cigarette et jetait ses mégots dans la forêt. Heureusement que l’autre les ramassait derrière lui. Nous avons fini par atteindre une magnifique cascade, où je n’ai pas eu deux minutes de tranquillité car les gardes voulaient se prendre en photo avec moi avec les téléphones portables. Nous n’avons pas tardé à repartir, pour ne pas risquer d’être coincés avec des incompétents pareils alors que le ciel commençait à s’assombrir.

Inutile de dire que j’ai été extrêmement déçue de cette journée. Je n’aurais donc pas vu un seul chengal dans la forêt. Je sais qu’il est rare, mais tout de même, on aurait dû le voir le long de ce chemin, on avait eu des explications. Sanjit et moi n’avions pas entendu les mêmes instructions, donc cela compliquait notre tâche, mais c’était incroyable de revenir bredouilles comme cela. Je voulais payer un guide, mais il n’y en avait même pas. Et je ne pouvais pas en vouloir à Sanjit, qui a été impeccable toute la semaine, c’est lui qui a conduit tout le long, toujours de bonne humeur. C’est normal d’avoir un jour de petite forme lors d’un travail de terrain, moi c’était le mardi, le jour où il pleuvait, pour Sanjit c’est tombé aujourd’hui.

Nous avons alors repris la route pour Cherating, notre étape de la nuit avant le retour à KL le lendemain.

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