Tumbes, 19 sept 2008

Aujourd’hui nous rejoint Daniel Silva, le photographe chargé par Plante & Planète d’illustrer le reportage sur le Palo Santo.
Après une matinée à découvrir d’autres spécialités locales (les coques noires par exemple, endémiques de Tumbes), nous sommes partis Daniel, Jorge et moi avec l’ingénieur de l’INRENA Mr Puescas pour enfin prendre un contact réel avec le Palo Santo vivant. Nous avons roulé sur une piste qui longe plus ou moins la frontière avec l’Equateur, au milieu des forêts sèches.

Tout à coup, avant d’arriver à destination, Mr Puescas arrête la voiture : il a vu un Palo Santo au bord de la route... Mon premier ! C’est fait, je l’ai vu, senti et touché !
Cet arbre est une merveille : il pousse dans des sols arides, n’a besoin de presque rien pour se développer, et pourtant rend un nombre incroyable de services aux humains et répand une odeur magique. Vous l’avez compris, cet arbre me plaît ! D’ailleurs je ne saurais expliquer ce qui m’a poussée à le choisir pour l’étude, mais voilà, le ressentir a confirmé ce que j’avais imaginé.

Nous avons continué à rouler jusqu’au hameau de La Coja, où nous avons vu encore plus de Palo Santo. Nous y avons rencontré deux habitants qui prennent une part active à la protection de l’arbre. Ils ont récemment chassés des terres avoisinantes des hommes venus pour le couper illégalement. En me voyant prendre contact physiquement avec un des arbres, ils m’ont raconté leur croyance comme quoi si des personnes rachitiques embrassent l’arbre, alors elles vont se renforcer et prendre du poids. Euh, moi j’ai le problème inverse, je fais comment ?
L’autre croyance dit que le cœur de l’arbre en infusion est bon pour le cœur des enfants.
Cet arbre est bon pour tout je vous dis !

Après, il fallait partir, la zone était dangereuse et le soleil déclinait. La veille, un motard avait été abattu. A 500 mètres de la frontière, le trafic de drogue est important et il valait mieux ne pas s’attarder. Sauf que la lumière tombante de fin de journée était la meilleure pour le photographe qui n’avait pas eu de chance jusque là… Daniel a fait arrêter la voiture plusieurs fois alors que Mr Puescas serrait les dents et que Jorge rangeait ses cassettes vidéo au cas où. Moi, un peu inconsciente du danger, j’observais tout le monde...

Nous sommes rentrés sains et saufs, et je me suis endormie enchantée par cette rencontre végétale.

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