Franceville, 2 juillet 2010

Ce matin, en attendant l'arrivée de Desirey Minkoh, le photographe choisi pour réaliser l'illustration photo du nkumu, je suis partie au "nouveau marché" avec Nathalie et Angèle, du département de biologie de l’USTM.

 

C'est un endroit qui avait été construit pour remplacer le point central de Franceville, le marché Potos, un peu anarchique. Mais ce nouveau marché n'a jamais été investi par les commerçants, pour certains parce que c'est trop cher, pour d'autres parce qu'il a été construit à côté d'une morgue. C'est tout de même à cet endroit qu'arrivent les véhicules chargés de nkumu, revendu aux détaillants du marché. Pas de chance, quand nous sommes arrivées vers 10h00, tout avait été vendu ou presque.

Puis nous avons fait un tour au marché Potos, le grand marché de la ville. Petit problème, les gens ne veulent toujours pas être filmés. Les mains, ok, les visages, non. Et bien sûr ce n'est pas gratuit ! Comme je suis blanche, pour eux c'est une évidence que je vais récolter des fonds en vendant leur image (sils savaient...). Les personnes qui m'accompagnaient ont eu beau leur expliquer, rien n'y a fait cette fois-ci.

Puis Desirey est arrivé, et nous sommes repartis à l'hôtel pour qu'il dépose ses affaires. Pour discuter du programme, nous nous sommes installés pour prendre un café. Un vrai sketch ! Desirey demande si c'est du café cafetière ou Nescafé. La jeune serveuse était incapable de répondre, il a dû aller en cuisine pour vérifier. Comme il me l'a dit, c'est typique du service hôtelier gabonais, c'est-à-dire inexistant. Le manque d'infrastructures n'arrangeant rien, le tourisme n'est pas prêt de se développer dans le pays. Sans parler des prix pratiqués. Par exemple à Franceville, les hôtels se sont entendus sur un prix à 20 000 CFA (30 euros) la nuit, et c'est à prendre ou à laisser. Tout cela pour une chambre aux murs douteux, à l'odeur encore plus douteuse, mais avec eau chaude ! C'est un peu plus de 15 euros pour un taudis avec eau froide...

Pendant que Desirey se reposait, je suis allée déjeuner dans un petit restaurant local. Pas facile de trouver des plats végétariens ici, au menu c'est surtout viande grillée et viande grillée (porc-épic, et autres espèces locales). J'ai demandé du manioc pour me caler un peu, sans me rappeler quel goût cela avait. Ou plutôt quel arrière-goût...

Après cet instant gastronomique mémorable, nous sommes partis avec Desirey et Stéphanie, la "réceptionniste" de l'hôtel (plus efficace en dehors du travail !) refaire un tour au marché Potos. Evelyne, une vendeuse que j'avais vue la veille, avait préparé des tas de nkumu de 3 variétés différentes. Ici, ils en ont même 5 : kadje, libi, kwere, kumu et tabac. Ce sont a priori toutes du Gnetum africanum mais en fonction des sols et de l'ensoleillement, les feuilles sont plus ou moins vertes, plus ou moins dures, plus ou moins amères,... Puis nous avons passé un peu de temps avec Diane, une adorable vendeuse de 20 ans au sourire lumineux, ce qui était très appréciable.

J'avais encore un rendez-vous ce soir, avec Jean-Marie Ebouli, professeur d'histoire et spécialiste de la culture Teke. Un homme extrêmement bavard, qui n'a pas arrêté pendant une heure. Une partie était intéressante, une partie pour se rendre intéressant ! Mais cela m'amusait de l'écouter pour les expressions locales. Par exemple, ici, on me demande "combien de temps je dure". Je ne sais pas , je dois vérifier ma pile ! Ou encore ils emploient des mots compliqués pour montrer une érudition qui n'a vraiment pas besoin de tels artifices.
Bref, encore une belle journée bien remplie...

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