Documentaire sur la Maile

Et voici le documentaire résumant cette recherche sur la Maile. Contactez-nous pour organiser des projections !

 

Here is the documentary in english :

 

Documentaire sur le Palo Santo

Voici le documentaire réalisé suite à l’étude de terrain de septembre 2008.

Le Palo Santo from Plante & Planète on Vimeo.

Documentaire sur le Nkumu

Voici le documentaire réalisé suite à la phase de terrain de juin-juillet 2010.

Le Nkumu from Plante & Planète on Vimeo.

Documentaire sur le Chengal

Le Chengal, un arbre vraiment résistant ?

Pour partager des interviews et d’autres moments forts de la recherche de terrain, et visionner le documentaire réalisé sur l’arbre !

 

 

 

En complément :

Interview du Dr JF F. WEBER

Voici un extrait de l’interview du Dr JF F. Weber, Professeur et Directeur de l’IKUS (Institut d’étude des remèdes naturels) à l’UITM (Université Technologique Mara), Kuala Lumpur.
Il a une expérience de plus de 10 ans sur le Chengal, et son équipe a même découvert de nouvelles molécules grâce au Chengal.

 

Documentaire sur l’Arnica

Voici le documentaire réalisé entre juin 2009 et début 2010 sur l’Arnica, cette fleur en or !

Arnica montana from Plante & Planète on Vimeo.

Exceptionnel : vente de Palo Santo du Pérou !

palo santo vente bois sacré

On nous en demande souvent, et grâce à la venue récente de Miguel Puescas en France pour informer et sensibiliser le public au sujet de cette espèce emblématique mais fragilisée, nous pouvons vous en proposer à la vente. Cela nous permet de promouvoir une activité intéressante pour les populations locales qui donne de la valeur au bois mort et les incite à en replanter.

Le Palo Santo de Tumbes

Depuis 10 ans, Plante & Planète travaille en partenariat avec Miguel Puescas et l’Université de Tumbes pour monter des projets socio-environnementaux autour de cet arbre (voir notre reportage, le livret pédagogique, les missions des bénévoles…).

Le Palo Santo (Bursera graveolens) que nous vous proposons est récolté une fois l’arbre mort, ce qui lui permet de développer toutes ses propriétés tout en ne participant pas à la déforestation. Il est d’une très grande qualité.

Nous proposons des bâtonnets et buchettes que vous pouvez utiliser pour des rituels ou pour parfumer une maison.

Le plus simple pour le faire brûler est d’allumer une bougie, d’attendre que la flamme prenne, puis de souffler dessus pour que juste la fumée s’en dégage. La bougie permet de ne pas se bruler les doigts avec un briquet puisque cela demande un peu de temps avant que le bois prenne !

Les figurines ont été réalisées par un artisan local. Vous pouvez également les brûler ou vous en servir pour parfumer une pièce, un placard, un autel…

Prix et commande

Nous le vendons au poids, au prix de 0.25 € le gramme. Pour avoir une idée, les figurines valent entre 5 et 12 euros pièce (entre 20 et 50 g), et les bâtonnets de 1 à 20 € environ. Cela va nous aider à payer les actions pédagogiques que nous mettons en place autour du Palo Santo.

Pour commander, vous pouvez payer le prix que vous souhaitez mettre et nous vous enverrons des bâtonnets correspondants (merci de nous dire si vous préférez plusieurs petits bâtonnets ou un seul du montant total).

Frais d’envoi : nous comptons 5,50 de frais d’envoi pour un colis de moins de 250 g. Nous l’envoyons en colissimo, dans une enveloppe à bulle. Pour des quantités plus importantes, nous contacter.

Vous pouvez soit :

– envoyer votre chèque à
Plante et Planète – La Calvayrié – 81120 Mont-Roc
en précisant bien votre nom et adresse postale et un numéro de téléphone ou un mail pour vous joindre si besoin

– venir nous rencontrer sur nos événements !

– payer en ligne via helloasso (paiement sécurisé) en précisant bien que c’est pour le Palo santo et votre choix :

 

Trujillo, 12 sept 2008

Aujourd’hui c’est une journée d’organisation et de voyage. En début d’après-midi, nous avons été chercher le singe capucin, nous l’avons mis dans sa cage, puis nous avons embarqué dans le bus en direction de la forêt amazonienne. Nous avons pris un bus de nuit, d’une compagnie au confort sommaire, moins susceptible d’être contrôlée. Nous avions des papiers pour le singe, mais rien de très officiel ! En même temps, le trafic se fait plutôt dans l’autre sens… Chaque arrêt permettait d’aller voir le singe, de le nourrir et de vérifier son état. Il soulevait la curiosité à chaque fois. Le plus surprenant pour les gens, c’était de perdre une telle source de profit et d’aller rendre le singe à son milieu naturel !

 

Missions bénévoles au Pérou depuis 2013

MISSION 2013

Témoignage de Cécile Castelnau, bénévole, en mission au Pérou en mai 2013, dans le cadre d’un tour du monde :

“Plante et Planète” en espagnol, ça se dit “Planta y Planeta” ! Et autant vous dire qu’ici, au Pérou, il y a de plus en plus de gens qui connaissent la combinaison de ces deux mots très symboliques. Des petits comme des grands, les questions ont fusé de partout ! Et même s’il reste encore un énorme travail à faire au niveau de la sensibilisation à l’environnement, j’ai rencontré des personnes extrêmement motivées. Ça fait plaisir à voir!

Je m’appelle Cécile Castelnau et je suis en train de faire un tour du monde de deux ans sur le thème de la protection animale. Comme chacun sait, la nature est un tout qui regroupe notamment toutes les espèces, végétales comme animales. Il était donc pour moi très important de travailler conjointement avec Plante et Planète; la protection des plantes rejoint celle des animaux, et vice et versa.
La sensibilisation des hommes et plus particulièrement des jeunes générations est primordiale pour notre futur. J’ai pu également le constater avec le peuple péruvien qui attache de plus en plus d’importance à la protection de son environnement.

Le Pérou est un pays qui recèle des milliers de trésors naturels. J’y ai découvert des centaines d’espèces endémiques, végétales tout comme animales. Le Pérou, ce sont des couleurs dans les pétales de chacune de ses fleurs, dans les plumes de chacun de ses oiseaux, sur les feuilles de chacun de ses arbres, sur les ailes de chacun de ses papillons.

Dès mon premier jour sur ce beau territoire, je représentais Plante et Planète à l’université de Tumbes dans le nord du pays, aux côtés de Miguel Puescas Chully, professeur d’université sur la reforestation. Il se bat notamment pour la préservation du Palo Santo, cet arbre magique. Puis, ensemble, nous avons travaillé auprès de la direction générale de la forêt et de la faune, du ministère de l’agriculture, à Sullana. J’ai ensuite rejoint Luciano Troyes Rivera qui lutte sans relâche pour la conservation de la forêt sèche à Jaén, avec sa magnifique réserve Gotas del Agua. Enfin, j’ai terminé ma mission dans l’association Amazonia Viva, à Juanjui, dirigé par Roldán Paredes, qui travaille conjointement avec les cultivateurs de cacao pour préserver la forêt amazonienne, avec, en autres solutions, l’agroforesterie.

Avec chacun d’entre eux, Plante et Planète a élaboré un petit livret pédagogique en espagnol pour expliquer l’importance de la protection de la nature, et d’une plante en particulier. A Tumbes et à Jaén, les enfants de classes de primaire, qui avaient reçu le livret sur le Palo Santo, ont tellement été contents de celui-ci qu’ils m’ont demandé à ce que Plante et Planète en fasse sur le même modèle pour d’autres plantes de leurs régions. En Amazonie, le livret s’est étendu sur la forêt au sens large et l’impact sur les enfants des communautés qui y vivent est inestimable.

Grâce à Plante et Planète, cette merveilleuse association dirigée d’une belle main verte, j’ai pu faire des rencontres inattendues et connaître quelques secrets de la nature péruvienne qui m’ont transformée à jamais.
J’ai été très fière de représenter Plante et Planète au Pérou et j’espère que l’occasion se représentera dans d’autres coins du monde. Travailler auprès de ceux qui chérissent les plantes, n’est-ce pas là l’une des plus belles des missions ? Car n’oublions pas le plus important : protéger le lien vital qui unit l’homme au végétal !
Merci Plante et Planète ! Et longue vie à toi !

Compléments d’information de Miguel Puescas Chully

Le travail se poursuit. Parmi les contacts passionnants que nous avons eus au Pérou, Miguel Antonio Puescas Chully, professeur, continue de nous envoyer les résultats de son groupe de travail sur le Palo Santo.

Ci-dessous un document pdf présentant ses résultats !

 

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Menaces et Solutions

Pourquoi en 2007, les botanistes spécialisés ont-ils classé le Bursera graveolens en danger critique d’extinction selon les critères de l’UICN ?
Pour des raisons qui concernent d’une part la gestion globale forestière, d’autre part l’écosystème, lui-même menacé, et enfin à cause de caractéristiques propres à l’espèce.

Il faut avant tout préciser qu’il y a un manque d’information de la population péruvienne. Certes, la situation est un peu différente entre le nord du pays, région d’origine du Palo Santo, et le reste du Pérou, mais globalement les gens ne savent pas que le Palo Santo est menacé, même ceux qui l’utilisent ! Pour eux, tant que le Palo Santo est proposé sur les stands d’articles religieux, ou qu’il est trouvable sur les marchés et dans les herboristeries spécialisées, il n’y a pas de problème… La hausse du prix est pourtant un bon indicatif : il a quadruplé en un an ! En 2008, les grossistes l’achètent à 2 soles le kg (soit env. 0,5 €), et le revendent à plus ou moins 5 soles (1,25 € env.). Il était acheté à 0,5 soles le kg l’année dernière… C’est le seul élément qui commence à faire prendre conscience que, le prix augmentant, la ressource est peut-être en train de se raréfier…

Rentrons maintenant dans le cœur du problème : pourquoi la ressource se raréfie-t-elle ?

Malheureusement, et ce n’est pas un problème uniquement au Pérou, la gestion des ressources forestières doit vraiment revoir ses fondements avant de servir les espèces, menacées ou non.
En effet, entre le manque de concertation des pouvoirs publics sur les plans de gestion et la corruption à tous les niveaux de responsabilité, le Palo Santo, comme d’autres espèces, encourt des risques majeurs.
Comme l’a confié un ingénieur de l’INRENA, s’il essaye de réguler le commerce et refuse une licence pour l’extraction, le propriétaire forestier va demander l’appui d’un membre du congrès, ou un appui politique qui fera pression sur l’INRENA. Le propriétaire va généralement arriver à ses fins, au détriment de la gestion durable…

Pour délivrer une licence d’extraction, l’INRENA examine d’abord la superficie de l’exploitation, le nombre d’arbres de plus de 30cm de diamètre ou d’arbres malades (les seuls autorisés à être coupés). Enfin, ils vérifient qu’il y a un plan de gestion des ressources.
Ils ont délivré en 2008 trois licences pour l’exportation de Palo Santo, concernant du bois mort. Mais notre ingénieur n’est pas dupe, la majeure partie du commerce est clandestine.
Il faut savoir que les camions transportant le Palo Santo doivent passer par 6 ou 7 postes de police pour sortir. Etrangement, les trafiquants ne sont jamais inquiétés !

Pour conforter ce point, depuis 1991, des rapports existent sur les risques encourus par l’espèce, notamment à cause de la fabrication de cagettes de fruits. D’après le rapport de l’INRENA, après avoir épuisé les ressources de Palo Santo dans la région de Lambayeque dans les années 1990, c’est la région de Piura qui est actuellement sous pression des exploitants. Or, il n’y a jusque là pas de coordination entre les pouvoirs publics pour fermer ou punir les ateliers de transformation du Palo Santo déjà coupé illégalement. Ceux qui font des cagettes savent que c’est interdit, mais bien souvent, comme les autorités locales se rejettent toujours la responsabilité d’intervenir entre eux, rien n’est fait et l’activité continue aussi tranquillement que l’arbre disparaît.

Par ailleurs, dès la formation des ingénieurs forestiers, Il existe un manque : ceux-ci n’apprennent qu’à gérer les espèces “commerciales”, et rien n’est enseigné sur la protection des espèces menacées. Quand ils sont recrutés à l’INRENA (Institut National de Gestion des Ressources Naturelles), qui pourtant
traite aussi des questions de protection de la biodiversité, ils ne connaissent pas le sujet, ni la manière de procéder. Seuls les passionnés trouvent le courage de s’y mettre et de donner vie à leurs convictions, à travers des actions qui paraissent souvent des gouttes d’eau dans l’océan…

C’est aussi un constat particulièrement frappant : les fonctionnaires intègres, les passionnés des plantes locales, jusqu’à des professeurs d’université reconnus, se sentent seuls dans cette action. Il n’y a pas de sensation d’appartenance à une cause commune, ils se sentent au contraire isolés dans leur combat quotidien. Il est dur de garder intacte sa motivation dans ce cas-là, avec toutes les pressions subies au quotidien.

Pour ne rien arranger, l’écosystème de la forêt sèche est menacé : tout d’abord, le mot “forêt sèche” (“bosque seco”) ne rend pas hommage à la biodiversité qui y vit. Dans l’esprit des gens, “sec” est associé à “sans vie”, peu intéressant. Pourquoi donc faire des efforts pour la protéger alors que l’on peut la transformer pour lui donner une utilité ? Le mot, s’il est juste, ne fait pas justice à la vie végétale et animale endémique de ces régions !

Les étendues de forêt sèche, qui représentent tout de même 3% de la superficie totale du Pérou, sont donc progressivement transformées en terres agricoles ou en parcelles individuelles pour construire des habitations. C’est interdit, mais là encore, quelques dessous de table règlent l’affaire.
Enfin, le pâturage des chèvres et autres animaux fait des ravages dans la forêt sèche : les jeunes pousses ou les graines ont bien du mal à survivre aux mâchoires avides des bêtes en quête de verdure…

C’est d’autant plus inquiétant que le Palo Santo ne produit que peu de fruits. Il peut ne pas fabriquer de nouvelles graines pendant un, deux, voire quatre ans. De plus, seules trois espèces d’oiseaux mangent les fruits et dispersent les graines pour semer “naturellement” le Palo Santo. La diminution de l’écosystème affecte aussi la faune qui disparaît peu à peu ou se relocalise, y compris ces oiseaux semeurs…

Pour terminer ce constat alarmant, avec la raréfaction du Palo Santo, les exploitants n’attendent plus que l’arbre meure pour récupérer son bois, ils coupent l’arbre vivant. Pourtant, les composés chimiques changent à la mort de l’arbre et décuplent ses pouvoirs guérisseurs !

Heureusement, des passionnés travaillent sur le sujet : habitants, associations, fonctionnaires, universitaires… Toutes les bonnes volontés sont requises pour permettre au Palo Santo de continuer à nous enchanter !

De bons résumés des solutions pour protéger et valoriser l’espèce ont été donnés par Mr Chiroque et Mr Puescas, ingénieurs forestiers à l’INRENA. Déjà, il faut souligner que c’est une bonne chose de pouvoir compter sur des fonctionnaires intègres et motivés dans ces régions cruciales pour le Palo Santo !

Tout d’abord, il faut planter ! Le bois est tellement surexploité que sans un coup de pouce humain pour rétablir l’équilibre, la survie de l’espèce ne peut être assurée.
Comme le souligne Cristhian Saldarriaga, un étudiant passionné spécialisé sur le Palo Santo, c’est une semence très facile à travailler. Elle est rare, mais par contre peu exigeante : un sol sec lui suffit. De plus, les graines ne perdent pas leurs capacités de germination, même après des mois voire des années. Comme l’arbre ne produit pas de fruits tous les ans, les graines ont intégré cette capacité d’attendre le taux d’humidité et le moment idéal pour germer. Une fois le processus enclenché, il n’y a plus rien à faire qu’à la regarder pousser !

Planter, donc, mais en interdisant l’accès des zones plantées aux troupeaux (chèvres,…) pour ne pas mettre en péril les boutures ou les jeunes plants.

Toujours dans le cadre de la replantation, il est particulièrement intéressant de profiter du phénomène d’El Niño, le phénomène météorologique qui apporte des pluies formidables tous les 10 ans environ. A cette occasion, les semences poussent de manière incroyablement rapide, et c’est particulièrement vrai pour le Palo Santo. Quand El Niño s’approche, il faudrait être prêt avec des kilos de semences à planter. Prochain Niño prévu en 2011, il sera intéressant de voir si les bonnes idées ont pu déboucher sur une réalité !
Il reste encore un peu de temps pour arriver à coordonner toutes les parties prenantes, puisque c’est le point crucial dans ce cas-là.

Il est important d’évoquer les parties prenantes, il faut absolument une coordination qui soit mise en place au plus haut niveau de la hiérarchie et qui se répercute à tous les échelons. Une fois les tâches réparties et les moyens donnés pour atteindre les objectifs (ou, comme le dit Mr Chiroque, « une meilleure logistique, des véhicules, et plus de personnel»), il sera utile de créer des réserves, efficacement gardées contre le braconnage et la coupe illégale.

Il faut planter, c’est un point indiscutable, mais il faut aussi apprendre à valoriser ce qui existe. Pour Mr Puescas, il serait plus intelligent non pas de réprimander la population locale pour la taille illégale, mais bien de les orienter vers la valorisation et la protection de leur patrimoine. Rien ne pourra se faire sans eux. Il est important de faire comprendre aux habitants des régions où se trouve le Palo Santo qu’économiquement, ils auraient plus intérêt à le valoriser qu’à tout couper. Un herboriste interrogé disait que la pauvreté était responsable des menaces pesant sur le Palo Santo : les gens ne s’intéressent pas à ce qu’ils auront (ou pas) dans dix ans, ils ont besoin d’argent aujourd’hui, donc ils coupent.
Mais valoriser la ressource peut leur apporter de l’argent maintenant !

A Tumbes, l’association « Valle Hermoso » a monté un projet de replantation et de valorisation : dans le village de Puyango, les membres de l’association fabriquent des crèmes et des teintures mères de Palo Santo, utilisées par exemple dans le cas de rhumatismes, puis les vendent sur les marchés locaux. C’est une initiative particulièrement intéressante, financée en grande partie par le Programme des Nations Unies pour le Développement.

La gestion durable des ressources passera obligatoirement par l’implication des populations locales et la valorisation économique. Cette implication commence dès le plus jeune âge avec des actions de sensibilisation dans les écoles. Mr Chiroque a essayé de monter un programme de sensibilisation mais se heurte au manque de moyens. C’est une piste pourtant très importante !

Enfin, le tout nouveau Ministre de l’Environnement (le Ministère a été créé en mai 2008), Monsieur Antonio Brack Egg, a promis pour l’année prochaine une loi pour bannir la fabrication et l’usage des cagettes en bois, en s’inspirant du Chili qui commence à utiliser du carton. L’INRENA, qui dépend du Ministère de l’Agriculture, va aussi passer sous sa responsabilité, ce qui devrait donner lieu à des profonds remaniements, positifs nous espérons.

Ce Ministère n’a pas beaucoup de temps pour faire ses preuves, la situation est urgente. Aujourd’hui, la forêt amazonienne concentre tous les efforts au Pérou. Il ne faudrait pas oublier au passage la forêt sèche et le Palo Santo… Merci à tous ceux qui œuvrent à la conservation de cette espèce, et bon courage ! Plante & Planète vous soutient de tout cœur !

(sources : enquête de terrain septembre 2008, rapport de l’INRENA “Aspectos comerciales del Palo Santo Bursera graveolens en el Peru” 2007)

La plante

Alyxia stellata (J.R. & G. Forst.) Roem. & Schult.

Liane buissonnante de grande importance dans la forêt et la tradition hawaïenne, la Maile peut intéresser les scientifiques car son étude est riche et de nombreux domaines restent à explorer !

Histoire taxonomique

La Maile fait partie de la famille des Apocynacées. La Maile hawaïenne a d’abord été nommée Alyxia oliviformis, en rapport avec son fruit qui ressemble à une olive. De ce fait elle était reconnue comme endémique des Îles Hawaï.

 

 

En 2002, le taxonomiste Middleton a utilisé comme critère la taille et la forme étoilée de la fleur pour la renommer Alyxia stellata et l’inclure dans un groupe beaucoup plus large qui se retrouve dans tout le Pacifique.
Middleton lui-même a admis que des recherches étaient nécessaires pour donner à la maile hawaïenne un statut de sous-espèce ou de variété. En effet, les variétés de Maile d’Hawaï se distinguent des autres Alyxia stellata du Pacifique par des ovaires glabres et un bouton floral plus petit.

La classification de Middleton, faite à partir de méthodes obsolètes, ne satisfait pas vraiment les botanistes. C’est pourquoi à Hawaï, ce sont les noms traditionnels qui sont majoritairement employés pour désigner les variétés. Les savoirs populaires permettent des références plus fines et plus justes que le nom latin.

 

 

Description et variétés

La Maile est une liane buissonnante ou buisson lianescent. Elle se sert des autres espèces comme support pour grandir et peut atteindre la canopée à plus de 60 mètres de hauteur en fonction du support.

Il existe 3 noms hawaïens pour décrire la Maile en fonction de son stade d’évolution. Kuhonua est la jeune pousse, le mot signifie littéralement “se tenir droit sur le sol”. Moekahi désigne le plant, et Maile l’adulte, qui peut produire des fruits.

Les variétés principales hawaïennes sont nommées d’après les cinq déesses de la légende de La’ieikawai. On trouve aussi mention dans la mythologie hawaïenne des quatre ou cinq “soeurs Maile” qui sont des esprits gardiens de la forêt. Les noms des soeurs sont les 5 variétés “reconnues” de Maile hawaïenne basées essentiellement sur la morphologie de la feuille :
Maile ha’i wale (maile aux feuilles fragiles) : petites feuilles arrondies
Maile lau li’i (maile aux petites feuilles) : feuilles étroites et pointues
Maile lau nui (maile aux feuilles larges)
Maile pakaha (maile aux feuilles émoussées) : feuilles rondes
Maile kaluhea (maile à la senteur douce)

Dans les années 70, Saint John, botaniste, a fait une classification selon la taille et forme des feuilles et a trouvé plus d’une dizaine de variétés de Maile, onze ou treize selon les rapports.

Parmi ces variétés supplémentaires, la Maile lau li’i li’i qui a de très petites feuilles est la plus connue. Une chercheuse a récemment retrouvé dans de vieux journaux la mention de la Maile lau lipo lipo qui se traduirait par maile aux feuilles sombres.

La grande variation dans la forme et la taille des feuilles de Maile a été depuis longtemps reconnue aussi bien par les savoirs populaires (Beckwith 1940) que par les botanistes (Hillebrand 1888, St. John 1975, Wagner et al. 1990, Mabberley 1998, Middleton 2002). Les variations de la feuille pourraient être dûes non pas uniquement à la variété de Maile mais aussi à son écotype, son environnement.

Le nombre de feuilles par noeud est également variable. La Maile peut présenter 2, 3 ou 4 feuilles par nœud. Une chercheuse a trouvé une maile avec 6 feuilles par noeud.

Les fleurs sont blanches teintées de vert ou de jaune. Elles comportent cinq pétales et cinq sépales. Les fruits mûrs sont de couleur violet foncé et se présentent par deux, trois ou quatre. Chaque fruit contient une graine.

Quelle que soit sa variété, la Maile est connue pour son parfum. C’est la présence de coumarine dans la sève qui donne sa fragrance si particulière à la plante. Les Mele, chants traditionnels Hawaïens, célèbrent aussi bien le fameux parfum de la Maile que ses lieux d’origine.

Habitat et milieu

Suite à la nouvelle classification de Middleton en 2002, ce dernier a indiqué qu’Alyxia stellata était répandue dans toutes les îles du Pacifique. On la trouve sur toutes les îles de l’archipel d’Hawaï sauf d’après des écologues sur Kaho’olawe et Ni’ihau. Il est très probable que la Maile ait été présente sur ces îles mais que les fortes perturbations de leur habitat aient entraîné leur disparition (Wagner et al. 1990). Cependant, les cartes de répartition de l’USGS montrent une probable présence sur ces deux îles.

Les lieux les plus célébrés dans les Mele (chants traditionnels) pour leur Maile sont Kohiahi sur l’île d’Oahu et Panahewa, vers Hilo, sur Hawai’i island (Grande île).

Historiquement on pouvait trouver la Maile entre 50 et 2000 mètres d’altitude, dans tous les milieux secs ou humides, ouverts ou forestiers. La Maile est souvent considéré comme une plante de forêt tropicale alors qu’elle pousse dans une grande variété de milieux.
Cependant, les recherches de Tamara Wong sur le type de substrat préférable pour la Maile ont montré que le sol de forêt tropicale était le meilleur substrat car les années sèches, le sol reste plus humide. Le taux de croissance est similaire mais le taux de survie des jeunes pousses est meilleur.

La Maile, par sa présence au niveau du sol et sa taille est une plante très importante écologiquement, elle a une grande influence sur le milieu dans lequel elle vit. Elle aide notamment à la pénétration de l’eau vers les couches basses du couvert forestier et à la rétention de l’eau au niveau du sol.

Si Alyxia stellata est un objet de recherche pour les taxonomistes, la Maile dans toutes ses variétés est plébiscitée aussi bien par les botanistes locaux et les praticiens culturels que par les habitants des îles Hawaï dans leur diversité.

Sources : recherche de terrain et interviews en avril 2015 ; publications : Hillebrand 1888; Kalakaua 1888 ; Beckwith 1940 ; Pukui 1942 ; St. John 1975 ; Wagner et al. 1990 ; Abbott 1992 ; Mabberley 1998 ; Middleton 2002 ; Whitehead 2006 ; Wong 2011. Remerciements particuliers aux chercheurs et écologues suivants : Tamara Wong, Namaka Whitehead, Kara Ueki, Jim Jacobi, Sam Ohu Gon.

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